Art thérapie

Cette approche exploite le potentiel artistique humain (votre propre créativité et
imagination) et celui de l’œuvre d’art, son rayonnement, dans une visée
thérapeutique.
Notre corps parle, il contient tout notre vécu présent, passé, il est un récit que
nous ne savons pas toujours contenir, décoder ou libérer. Pour se libérer des tensions, des émotions difficiles, pour retrouver une relation harmonieuse avec son corps, l'art, sans pré-requis aucun, offre une alternative séduisante au mot.
La danse, le dessin, le théâtre, la musique, la photographie, la peinture...devient une danse- poésie, un théâtre-poésie, une peinture-poésie... qui se fait à partir de soi et vers soi dans une nouvelle langue que nous pouvons élaborer autrement que par les mots.
L’esthétique est le langage de l’art, celui des sensations, des images, celui des êtres qui n’ont pas encore le langage, le nourrisson, l’enfant. C’est aussi le langage que celui à qui on a coupé la parole, le traumatisé, peut prendre. Projeté hors langage, le sujet est déshumanisé. Or, l’art représente un processus de subjectivation, un devenir sujet, agent, acteur de sa vie. Il représente une médiation vers la reconstruction de soi.
La spécificité de la médiation artistique est de donner forme, de donner une figure et un contenant par le dessin, la danse, la peinture, l’écriture, etc., à ce qui n’en a pas, à ce qui est brut, brutalisé par les traumas : tel est le processus de symbolisation : une mise en formes, en sens.
Cet acte d’élaboration dans une représentation sensible visible (images, peinture, danse, texte...) fait œuvre de véhicule, de métaphore, de passage vers une reconstruction. 
Les composantes sensorielles, émotionnelles et cognitives de l’art-thérapie permettent ainsi d’accéder, de traiter et d’intégrer les éléments fragmentés de l’expérience traumatique.
L’art comme thérapie considère la pratique de l’art et/ou le regard porté sur les œuvres d’art comme moyen de contacter les parties blessées, pour soulager, guérir, mettre en valeur ses forces, favoriser le contact avec des expériences du passé, engendrer des prises de conscience et faciliter le changement de comportement, de croyance ou de perception.
L’accent est mis sur le processus créateur et un parallèle est fait entre la création artistique et la création de soi.
Ainsi auprès de sujets victimes de psychotraumatisme, l’art-thérapie permet une distanciation des émotions intenses, une transformation des images insoutenables en images symboliques positives de protection et de pouvoir sur soi, afin de déclencher et d’accroître des actions de maîtrise et de libération, de faciliter des résolutions avec le monde extérieur, de récupérer son intégrité physique et psychologique. L’expression visuelle, gestuelle, kinesthésique des émotions en permettent l’intégration. L’art-thérapie permet ainsi de contourner l’accès limité à l’expérience émotionnelle par la voie verbale, de même que l’évitement, en permettant au sujet de s’exprimer par un autre mode que le mode verbal.
L’art permet un processus de transformation de soi, au cours duquel on travaille la matière car un chaos règne (comme dans le syndrome post-traumatique), il emporte le sujet, le déborde. Peu à peu, la forme se conquiert sur la matière, elle se cherche dans la musique, le mouvement dansé, le dessin, la peinture, la sculpture, l'écriture etc. S’introduit alors le dialogue entre ce qui reste du soi sain, et ce qui est figé, imposé, bloqué ; on parvient ainsi à se dégager de ces formes figées et à se remettre en mouvement dans une création originale.
Le geste esthétique ouvre une multiplicité d’expressions possibles, de sens possibles et met en contact direct avec le viscéral, le sentiment et la pensée, autrement dit le sensoriel, l’émotionnel et le cognitif.
Violence, cruauté, barbarie, atrocité peuvent être représentées dans des formes artistiques supportables, et ce qui les rend supportable c’est le travail d’abstraction, de  figuration choisi et opéré par le sujet.